Dokhyi Treffpunkt

Voilà notre „chez nous".

Près d’une petite ville, dans un terrain clôturé, entouré de prés, de champs et d’une grande forêt, nous vivons paisiblement et insouciants avec notre famille.

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C’est librement que nous choisissons de vivre à l’intérieur ou à l’extérieur. Naturellement nous préférons l’air pur et nous nous reposons volontiers sur le monticule qui est notre terrain, ainsi nous sommes en mesure d’observer ce qui se passe aux alentours. 
Rien ne nous échappe. Même si en apparence nous dormons, nous avons tout à l’œil, et le bon. L’on dit que les points blancs que nous avons en guise de sourcils, nous servent à mieux voir et à ne jamais dormir.
Nous, les Dokhyi, observons avec exactitude. Lorsque quelque chose nous paraît suspect, et bien entendu le moindre petit détail nous met en alerte, nous l’extériorisons avec véhémence et d’une façon très individuelle et tonitruante, ce qui implique que notre voisinage soit tolérant.
Le crépuscule et la nuit nous valent une exacerbation de nos sens, aussi nous enregistrons le moindre mouvement, le moindre changement dans notre environnement et bien entendu, nos réactions sont adéquates.

Je suis Carlson, le chef de meute. Calme et sympathique je puis aisément séjourner à l’extérieur pendant la nuit. J’ai la prétention de connaître les habitudes des voisins et les mille petits bruits véhiculés par la nuit.Cependant, je monte la garde, je veille, un indésirable pourrait se faufiler dans le terrain. Gismo et Shila, les deux chats de nos voisins, sont à cet égard très compréhensifs et acceptent cela. Parfois le vent transporte de petits bruits, des voix étrangères murmurent au loin, alors j’élève la voix, j’aboie. Quand les inconnus ont la hardiesse de s’approcher, mes aboiements deviennent intenses et si stridents qu’ils sont derechef soutenus par Bessina et Chirkhan ainsi que par Maikl et Struppi, nos charmants congénères voisins. Heureusement ces aboiements nocturnes ne sont pas très fréquents et en dehors des chats, quelque lapins, des taupes et en été la famille hérisson qui me rendent visite, je n´ai rien de particulier à signaler. J´oubliais, que parfois, un crapaud et un canard, me rappellent à leur bon souvenir. Quand à l’aube, ma famille se réveille, Bessina et Chirkhan se rendent au jardin, c’est alors que je rentre, fatigué par cette longue nuit, enfin je peux dormir, et je m’endors du sommeil du juste.
Chirkhan s’était épris et lié d’amitié avec la famille hérisson qui séjourne momentanément dans notre terrain. Six magnifiques petits y grandissent dans leur nid protégé par des pommes de pins.
Pour le nez de Chirkhan, cette rencontre fut brève et piquante, c’est le moins qu’on puisse dire.
Avec maman hérisson il partageait même les puces. Ceci ne l’empêcha pas de devenir le protecteur invétéré de cette famille. Journellement à la même heure, on pouvait détecter un léger bruit, provenant du tas de bois, c’est alors que la famille hérisson, au complet, accompagnée de son garde du corps, Chirkhan, s’apprêtait à faire sa ronde de nuit. Personne ne pouvait approcher ce défilé. Si par malheur on s’y essayait, les poils de Chirkhan se dressaient tant et si bien qu’il ressemblait à un immense hérisson, avec en plus, une queue en tire-bouchon. Nous ne le dérangions pas, sachant que cette situation ne durerait que quelque semaines après quoi la famille hérisson déménagerait. Dans certaines situations, Chirkhan est tétu, une mule ne le serait pas davantage, et personne ne peut ni ne se hasarde à le faire dévier de son chemin. Dokhiy, veut peut-être dire caractère de chien, comme ça
lui va bien!
I
l n`est pas plus compliqué que ça. Sympathique, ayant le contact facile, se laissant facilement mener, aimant calins et confort. En été, c’est à l’extérieur qu’il est à l’aise et avec bonheur se prélasse au soleil. Dès l’approche de l’automne, la pluie le brouillard semblent le déranger c’est alors qu’on peut le trouver sans trop chercher dans la maison. C’est pour ainsi dire, le début de sa période d’hibernation. Simplement, sans gêne, il est vautré là, sur la moquette et dort.

Chirkhan

De temps en temps, il se réveille et change de place. Mais, ce qui le fait complètement sortir de sa torpeur, c’est le bruit de son écuelle qui se remplit. C’est là qu’il quitte sa place douillette et revit enfin. Pendant ces journées maussades, il est quasiment impossible de le motiver pour une promenade, rester à l’intérieur bien au chaud, est son seul désir. A sa façon de nous regarder, il nous est aisément possible de deviner ce qu’il pense de nous, mais cela ne me dérange pas, Bessina, non plus, n’est pas intriguée. Nous deux, sommes très contents de nous promener tous les jours. C’est curieusement en hiver, quand le thermomètre affiche –5°, quand il neige et qu’il vente, que Chirkhan revit. Pour nous, les Dokhyi, c’est sans conteste la période la plus chouette de l’année.
Enfin, notre tempérament le plus souvent refoulé peut être extériorisé. A ces moments là, les promenades, pouvaient être de plus longues durées, la terre pourrait revêtir un manteau de neige plus épais, la température pourrait encore chuter pour nous. Mais notre famille n’a pas forcément envie de se promener par ce «temps de chien» par ces froids polaires. Elle risquerait, bien entendu que ses oreilles et son nez se colorent en rouge, ça
nous le comprenons très bien.
Aussi, préfère t’elle nous observer, bien calée dans des fauteuils. Pour nous ce sont les meilleurs moments de l’année.

Bessina

C’est Bessina, la plus âgée, elle a déjà huit printemps. Elle est grande, musclée, noire, souvent on la prend pour un mâle. Il y a des années, alors qu’on m’exposait encore dans la classe jeune, une drôle de petite histoire est arrivée. Lors d’une exposition internationale Bessina fut amenée sur le ring avec d’autres femelles. Pas démonté du tout, le juge se dirigea vers notre maîtresse et Bessina et dit : «Je suis désolé, malheureusement il m’est impossible de juger ce beau mâle, les mâles ayant déjà été jugés.» Jamais je n’oublierai son regard étonné qui, sans aucun doute, signifiait. «Comment est-il possible qu’une éleveuse de chiens se trompe à ce point, présenter un mâle quand on juge des femelles!» Avec beaucoup de sceptissisme il contrôla Bessina et avec étonnement il dû constater que Bessina était belle et bien une femelle.
Elle était pour Chirkhan et moi, la meilleure des mères nourricières. Douce, patiente, nous faisions d’elle ce que nous voulions. Bien sûr, il nous arrivait d’abuser de la situation. Rarement, elle se mettait en colère, mais quand cela lui arrivait, nous avions intérêt à nous protéger à prendre le large en quelque sorte! Patiemment, nous attendions que l’orage passe. Comme elle n’était pas rancunière, nos jeux, après un bref orage recommençaient de plus belle. Sa patience nous permettait à nous les sans gêne, d’améliorer notre positon dans la meute. Aujourd’hui nos positions sont fermement établies. Je suis le «Chef», bien après moi c’est Chirkhan, arrive enfin Bessina, notre «âme sensible».


Taschi Deleg!

©Eparch Carlson
Automne 2000

Traduction Mme Rose Marie Pierron.



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